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Comment on entre en médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie

Le concours terminal disparaît. À sa place, un classement en deux étages fondé sur l'ensemble du parcours académique. Voici comment il fonctionne, et ce qui reste à la main des universités.

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Étape 1 : être admissible

Deux conditions cumulatives pour pouvoir candidater aux filières MMOPK.

  1. Valider 60 ECTS, soit l'année entière.
  2. Valider chaque bloc séparément, sans compensation entre eux. Le seuil évoqué par la communication gouvernementale est de 10 sur 20 dans le bloc santé et dans le bloc disciplinaire.

L'absence de compensation est la règle qui change le plus la façon de travailler. En PASS, il était possible de sacrifier une matière pour en surinvestir une autre. Ici, un bloc insuffisant ferme la porte, quelle que soit la performance dans les autres.

Étape 2 : le classement en deux étages

Premier étage, le classement par parcours

Les étudiants sont d'abord classés à l'intérieur de leur propre parcours de licence. Un étudiant du parcours mathématiques est comparé aux autres étudiants du parcours mathématiques, pas à ceux du parcours droit.

Second étage, l'interclassement

Les candidats des différents parcours sont ensuite interclassés entre eux, et cet interclassement se fait sur les notes obtenues dans le bloc santé, le seul élément réellement commun à tous.

Pourquoi ce double étage

Il répond à un défaut majeur du système PASS et LAS : l'impossibilité de comparer équitablement des étudiants qui n'avaient pas suivi les mêmes enseignements. En classant d'abord entre pairs, puis en comparant sur le socle commun, le dispositif cherche à neutraliser l'effet du parcours choisi. En théorie, aucune discipline n'est donc plus avantageuse qu'une autre.

En pratique, tout dépendra des seuils et des quotas que chaque université fixera par parcours. C'est un point à surveiller de très près dans les maquettes de novembre 2026.

Étape 3 : les oraux

Le projet de texte encourage les épreuves orales sans les cadrer nationalement. Chaque université décidera de leur existence, de leur format, de leur poids et du seuil d'admissibilité qui y donne accès.

C'est l'un des quatre griefs principaux de l'ANEMF, l'association nationale des étudiants en médecine de France, qui dénonce l'absence de cadrage national des oraux de second groupe. La crainte est celle d'un retour de l'hétérogénéité que la réforme prétend supprimer, par la porte de l'oral.

La position de l'ANEMF, précisément

Elle n'est pas hostile à la voie unique : l'association la demandait depuis environ deux ans et demi. Ce qu'elle conteste, ce sont les modalités, et elle a affirmé son opposition au projet tel qu'il est écrit, faute de prise en compte de ses lignes rouges.

Et sur le terrain, certaines universités les suppriment

L'université de Bordeaux a annoncé que l'oral d'admission disparaîtrait dans sa future maquette. Des oraux « encouragés » au niveau national mais supprimés localement : l'harmonisation promise reste à vérifier. Voir la fiche Bordeaux.

Un précédent montre que c'est faisable

L'Université de Strasbourg organise des oraux de second groupe depuis 2020 pour plus de 1 400 étudiants, avec un format public et des coefficients publiés : deux épreuves de dix minutes devant un jury de trois personnes, une analyse d'image en santé et une analyse de texte, chacune au coefficient 1 contre 4 pour la moyenne de l'année. Les oraux y pèsent donc un tiers de la décision pour les candidats du second groupe.

Voir le dispositif strasbourgeois en détail

Étape 4 : la répartition des places

Origine des candidatsPart des places de 2e année
Étudiants de première année de licence portail santé80 %
Étudiants de deuxième année, seconde chanceenviron 20 %
Passerelles, ouvertes dès bac+35 %

Le total dépasse 100 % parce que les 5 % de passerelles sont, selon les sources, prélevés sur l'ensemble et non ajoutés. Le point mérite confirmation à la publication de l'arrêté.

À titre de comparaison, Strasbourg applique depuis 2020 une répartition de 65 % pour la première année, 30 % pour la deuxième et 5 % pour la troisième. La réforme nationale concentre donc davantage les admissions sur la première année.

Les quatre voies d'accès prévues par le décret

Le projet de décret organise l'accès aux formations MMOP selon quatre voies distinctes :

  1. la voie principale, par la licence portail santé ;
  2. la voie passerelle, pour les titulaires de certains grades, titres ou diplômes ;
  3. la voie de transfert, pour les étudiants ayant étudié dans un autre État membre de l'Union européenne ;
  4. la voie de dispense, pour les titulaires de diplômes obtenus hors Union européenne.

Le cas particulier de la pharmacie

Pour répondre aux places vacantes chroniques, environ 1 100 selon la Cour des comptes, une expérimentation courant jusqu'en 2029-2030 réservera des places à des candidats postulant exclusivement en pharmacie, dans les universités dotées d'une UFR de pharmacie.

La proposition de loi sénatoriale va plus loin et évoque un accès direct via Parcoursup pouvant représenter jusqu'à un tiers des places.

Ce qui reste à la main des universités

  • Inconnu Les coefficients de chaque unité d'enseignement.
  • Inconnu Les seuils d'admissibilité aux oraux.
  • Inconnu Le format et la durée des oraux, s'ils existent.
  • Inconnu Les quotas de places par parcours disciplinaire.
  • Inconnu Les capacités d'accueil en deuxième année pour 2027.

Ces réponses arriveront avec les maquettes pédagogiques, attendues en novembre 2026, soit juste avant l'ouverture de la phase d'information de Parcoursup.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Y a-t-il encore un concours en fin de première année ?

Pas sous la forme d'une épreuve terminale unique et déterminante. Le classement repose sur l'ensemble du parcours académique de l'année. Les universités peuvent organiser des oraux, mais le poids du travail continu augmente fortement.

Comment fonctionne l'interclassement ?

Les étudiants sont d'abord classés à l'intérieur de leur propre parcours de licence, puis comparés aux candidats des autres parcours. Cet interclassement se fait sur les notes obtenues dans le bloc santé, commun à tous.

Combien de places sont réservées aux étudiants de première année ?

80 pour cent des places de deuxième année. Environ 20 pour cent vont aux candidats de seconde chance issus de la deuxième année, et 5 pour cent sont réservés aux passerelles ouvertes dès bac+3.

Les oraux seront-ils les mêmes partout en France ?

Non. Le projet de texte encourage les oraux mais ne les cadre pas nationalement. Chaque université fixera son format, ses coefficients et ses seuils. C'est l'un des principaux griefs de l'ANEMF.

Sources