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Ce qui change par rapport au PASS et à la LAS

Une voie unique au lieu de deux, un classement continu au lieu d'un concours, un redoublement réautorisé : la comparaison point par point entre le système actuel et celui de 2027.

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Le tableau de comparaison

CritèrePASS et LAS (depuis 2020)Licence portail santé (2027)
Nombre de voies Deux voies parallèles, plus autant de déclinaisons que d'universités Une voie unique, harmonisée nationalement
Structure de l'année PASS : majeure santé et mineure disciplinaire. LAS : majeure disciplinaire et mineure santé Trois blocs équilibrés, santé, disciplinaire et transversal, pour 60 ECTS
Part de la santé Très majoritaire en PASS, minoritaire en LAS 24 à 30 ECTS, soit 40 à 50 pour cent de l'année, pour tous
Qui porte la discipline Variable selon les universités Obligatoirement une composante autre que la faculté de santé
Choix disciplinaire Libre, chaque université compose son offre de LAS Limité à 37 mentions de licence
Mode de classement Concours de fin d'année, épreuve terminale déterminante Ensemble du parcours académique, classement par parcours puis interclassement sur le bloc santé
Compensation Variable Aucune compensation entre les blocs
Redoublement de la 1re année Interdit en PASS Autorisé si moins de 70 pour cent de chaque bloc validé
Nombre de tentatives Deux, mais avec des règles très variables selon les établissements Deux, en fin de première et en fin de deuxième année
Oraux Pratiqués en second groupe dans beaucoup d'universités, sans cadre national Encouragés, toujours sans cadre national
Filières accessibles MMOP dans le texte commun. La kinésithérapie est accessible depuis le PASS et la LAS, mais par un texte séparé et des conventions locales MMOPK. La kinésithérapie entre dans le même cadre réglementaire que les quatre autres
Répartition des places Variable, souvent au détriment des LAS 80 pour cent depuis la première année, environ 20 pour cent en seconde chance, 5 pour cent de passerelles

Les cinq changements qui comptent vraiment

1. La fin du choix cornélien PASS ou LAS

C'est le changement le plus visible. Depuis 2020, les lycéens et leurs familles devaient arbitrer entre deux voies dont les taux de réussite, les programmes et les règles variaient d'une université à l'autre. Ce choix disparaît. Il est remplacé par un autre, plus lisible : le choix du bloc disciplinaire.

Ce que le lycéen devra décider en 2027 n'est plus « PASS ou LAS », mais « quelle discipline associer à la santé ». C'est une décision plus proche d'un projet professionnel que d'un calcul de probabilité.

2. Le concours cède la place au contrôle continu

Le classement reposera sur l'ensemble du parcours académique, et non plus sur une épreuve terminale unique. C'est une rupture de méthode de travail : la régularité de septembre à mai devient déterminante, là où le PASS récompensait la capacité à performer sur deux sessions.

Cela change aussi la gestion du risque. En PASS, une mauvaise journée pouvait coûter l'année. Dans le nouveau système, un mauvais contrôle se rattrape, mais une mauvaise habitude prise en octobre se paie toute l'année.

3. Le redoublement redevient possible

Interdit en PASS, il est réautorisé, mais encadré. L'étudiant qui valide au moins 70 pour cent des enseignements de chaque bloc passe en deuxième année et y déposera sa seconde candidature. En dessous de ce seuil, il redouble la première année.

Attention au contresens : redoubler ne redonne pas une candidature immédiate. Le système repose sur deux fenêtres, en fin de première et en fin de deuxième année. Le détail des règles.

4. La kinésithérapie passe dans le cadre commun

Attention à un raccourci très répandu

On lit souvent que la réforme « ouvrirait » la kinésithérapie aux étudiants de première année de santé. C'est faux. La masso-kinésithérapie est accessible depuis le PASS et la LAS depuis 2020, et une majorité des places d'institut est même réservée aux étudiants issus du PASS.

Ce qui change est de nature réglementaire. Jusqu'ici, l'accès aux instituts de formation en masso-kinésithérapie relève d'un texte distinct, l'arrêté du 17 janvier 2020, et repose sur des conventions signées entre le directeur de chaque institut et un ou plusieurs présidents d'université. Ce sont ces conventions qui fixent les critères de sélection et le nombre de places ouvertes à chaque parcours d'origine.

En pratique, cela produit exactement le défaut que la réforme veut supprimer : des règles et des quotas qui varient d'un institut à l'autre. À titre indicatif, environ 60 % des places reviennent généralement aux étudiants venus du PASS, le reste se partageant entre les LAS et la licence STAPS.

À partir de 2027, la kinésithérapie entre dans le cadre réglementaire commun de la licence portail santé. Le sigle officiel des textes devient MMOPK et non plus MMOP. C'est une harmonisation, pas une ouverture, et elle est attendue dans une filière où 3 600 étudiants français partent se former à l'étranger.

5. L'université, pas seulement la faculté de santé

L'obligation de faire porter le bloc disciplinaire par une autre composante n'est pas un détail administratif. Elle signifie que tout étudiant en licence portail santé est réellement inscrit dans une licence universitaire classique, avec un vrai diplôme au bout, et non dans une antichambre de la médecine.

C'est aussi ce qui crispe le plus : les UFR scientifiques, qui accueilleront la majorité de ces étudiants puisque 20 des 37 mentions autorisées relèvent des sciences et technologies, s'inquiètent de la saturation de leurs amphithéâtres et de leurs travaux pratiques.

Ce qui ne change pas

  • La sélectivité. Le nombre de places en deuxième année reste contraint par les capacités d'accueil de chaque établissement. La réforme change la façon de sélectionner, pas le nombre d'élus. Attention toutefois : le numerus apertus a disparu le 27 juin 2025 avec la loi Neuder, et ce sont désormais les besoins de santé du territoire qui commandent, sur avis conforme des agences régionales de santé. Voir le cadre juridique.
  • Le niveau d'exigence scientifique. Le bloc santé conserve l'anatomie, la physiologie, la biologie, la chimie, la physique et les sciences du médicament.
  • Le rôle du dossier Parcoursup pour entrer dans la licence.
  • L'existence des passerelles, qui restent marginales.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle est la principale différence entre la LAS et la licence portail santé ?

La LAS est une licence disciplinaire à laquelle on ajoute une mineure santé optionnelle, et elle coexiste avec le PASS. La licence portail santé est une voie unique, obligatoire pour tous, avec un bloc santé substantiel de 24 à 30 ECTS et un cadrage national du programme.

Le concours de fin d'année disparaît-il ?

Oui dans sa forme actuelle. Le classement reposera sur l'ensemble du parcours académique de l'année et non sur une épreuve terminale unique. Les universités pourront organiser des oraux, mais le poids du contrôle continu augmente fortement.

Le redoublement sera-t-il possible en 2027 ?

Oui, contrairement au PASS où il était interdit. Il est cependant conditionné à la validation d'au moins 70 pour cent des enseignements de chaque bloc pour passer en deuxième année, faute de quoi l'étudiant redouble la première année.

Sources