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Bordeaux, la première maquette connue

C'est à ce jour la déclinaison locale la plus précise rendue publique. Elle est instructive sur deux points : Bordeaux pousse le bloc santé au maximum autorisé, et supprime l'oral d'admission alors que le texte national l'encourage.

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30ECTS de bloc santé, le maximum autorisé
24ECTS de bloc disciplinaire, le minimum autorisé
6ECTS de bloc transversal, le minimum autorisé
0oral d'admission

La maquette envisagée

Pascal Lecroart, vice-président formation de l'université de Bordeaux, a détaillé la maquette envisagée dans un entretien publié par l'université le 7 septembre 2026.

BlocBordeauxFourchette nationaleContenu annoncé
Santé 30 ECTS 24 à 30 Le maximum autorisé
Disciplinaire 24 ECTS 24 à 30 Sciences et technologies, droit, économie et gestion, psychologie, STAPS
Transversal 6 ECTS 6 à 12 Langue vivante, compétences psychosociales, découverte des métiers

Le contenu de chaque bloc, tel qu'annoncé

Bloc santé, 30 ECTS. Quatre familles : les sciences de la santé, les sciences biologiques, les sciences fondamentales, et les sciences humaines et sociales incluant l'éthique et la santé publique.

Bloc disciplinaire, 24 ECTS. À choisir parmi cinq domaines : sciences et technologies, droit, économie et gestion, psychologie, ou STAPS.

Bloc transversal, 6 ECTS. Langue vivante, compétences psychosociales, découverte des métiers de la santé.

Ce qui manque encore

Pas de détail matière par matière

C'est le point à comprendre pour qui veut se préparer. Bordeaux annonce des familles disciplinaires, pas un programme. On ne sait donc pas encore ce que recouvre exactement « sciences fondamentales », ni quel volume horaire va à l'anatomie, à la biochimie, à la physique ou à la physiologie, ni comment les unités d'enseignement seront découpées et coefficientées.

Aucune université ne l'a publié à ce jour, et pour une raison simple : le décret n'est pas paru. Ce niveau de détail apparaîtra dans la maquette pédagogique de novembre 2026, puis dans les modalités de contrôle des connaissances votées par les conseils de l'université. Nous les publierons ici dès leur sortie.

Ce que ce choix révèle

Bordeaux pousse le curseur au maximum du côté de la santé et au minimum partout ailleurs. Ce n'est pas anodin : cela veut dire qu'à l'intérieur d'un cadre national présenté comme harmonisé, une université peut consacrer 30 ECTS à la santé quand une autre n'en consacrera que 24. Soit un écart de 25 %.

L'harmonisation nationale est donc réelle sur la structure, mais pas sur le contenu. C'est exactement la critique que Sup'Recherche UNSA adresse au plafond de 24 à 30 ECTS : il réduit l'exposition précoce aux fondamentaux, et dans des proportions variables selon l'établissement.

La suppression de l'oral d'admission

C'est l'information la plus lourde de conséquences de cet entretien. L'oral d'admission disparaît à Bordeaux.

Le projet de texte national encourage les épreuves orales sans les imposer ni les cadrer. Chaque université reste donc libre, et Bordeaux choisit de ne pas en faire.

La raison donnée est d'ordre pratique : la disparition de l'oral d'admission intervient à la suite des critiques sur la complexité de sa mise en œuvre. Organiser des oraux pour plus de mille candidats coûte cher en jurys, en salles et en jours de calendrier. C'est un arbitrage de moyens autant qu'un choix pédagogique, et cela permet de deviner ce que feront les universités les plus contraintes budgétairement.

Trois universités, trois pratiques opposées

  • Bordeaux : pas d'oral du tout.
  • Strasbourg : oral pour le second groupe, deux épreuves de dix minutes, coefficients publiés, un tiers de la décision. Voir la fiche
  • Versailles Saint-Quentin : oral obligatoire pour tous les candidats. Voir la fiche

C'est précisément ce que dénonce l'ANEMF : l'absence de cadrage national des oraux. Un candidat n'aura pas du tout le même concours selon la ville où il postule, dans un système censé mettre fin à l'hétérogénéité.

Les capacités d'accueil 2026-2027

Chiffres officiels publiés par l'université le 25 novembre 2025, pour l'admission en deuxième ou troisième année.

FilièrePASSLAS 60 ECTSLAS 120 ECTS et licences 2 et 3Passerelles tardivesInternationauxTotal
Médecine19515180305425
Pharmacie70862205165
Odontologie354329282
Maïeutique12495131

Les places de LAS sont ouvertes aux étudiants de l'Université de Bordeaux et de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.

Bordeaux accueille aussi d'autres territoires

Le même document ouvre, pour 2026-2027, un contingent Pacifique sud destiné aux étudiants de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie : 43 places en médecine, 11 en pharmacie, 5 en odontologie et 4 en maïeutique.

Et des places réservées par convention : 10 en médecine et 6 en pharmacie pour La Réunion, 4 en pharmacie pour les Antilles et 4 pour la Guyane, 36 en odontologie pour Poitiers et 4 pour Limoges, ces deux universités ne disposant pas d'UFR d'odontologie.

Un seul vœu sur Parcoursup

Bordeaux insiste sur ce point comme sur le gain le plus concret pour les familles : un seul vœu remplace l'ancien arbitrage entre PASS et LAS. Le candidat ne choisit plus entre deux formations aux règles différentes, il demande la licence portail santé et précise sa discipline.

À l'issue d'une première année réussie en première session, les étudiants sont classés pour accéder aux filières MMOP selon leurs notes et les places disponibles. Ceux qui échouent en première session poursuivent dans la licence générale de leur bloc disciplinaire et pourront déposer une seconde candidature s'ils valident leur année. Le redoublement reste possible sous conditions.

Comprendre le vœu et les sous-vœux

Les effectifs et la question des moyens

L'université accueille aujourd'hui environ 1 400 étudiants en PASS et 400 en LAS.

Sa capacité future reste en discussion avec le rectorat et le ministère, et dépendra des dotations budgétaires. L'avertissement est explicite : si les financements manquent, l'université pourrait être contrainte de réduire le nombre de places pour maintenir la qualité pédagogique et absorber les redoublants.

Sur l'enveloppe de 5 millions d'euros annoncée pour 2026 et destinée à l'ensemble des établissements, la formule est mesurée mais nette : « un premier signal, mais elle reste très insuffisante ». La Cour des comptes évoquait de son côté un besoin de l'ordre de 50 millions.

Le dispositif sera incontestablement plus simple à piloter et beaucoup plus lisible pour les étudiants. Mais la réussite dépendra des moyens.

C'est peut-être la phrase la plus juste qu'on ait lue sur cette réforme. Personne ne conteste sérieusement le principe de la voie unique. Tout le désaccord porte sur la capacité à la financer.

Le paradoxe de fond

La loi Neuder du 27 juin 2025 veut faire monter le nombre de places en médecine, de 12 000 en 2026 vers 15 000 à 17 000 à terme, pour lutter contre les déserts médicaux. Dans le même temps, Bordeaux n'exclut pas de réduire sa capacité d'accueil en première année, et Grenoble Alpes évoque 400 places en moins.

Les deux textes tirent en sens contraire, et personne n'a encore arbitré.

Ce qu'il faut en retenir si vous visez Bordeaux

  • Le bloc santé y pèsera le maximum, 30 ECTS sur 60. L'exigence scientifique sera donc plus forte qu'ailleurs en proportion.
  • Pas d'oral : tout se joue sur les résultats académiques de l'année. La régularité en contrôle continu devient déterminante.
  • Le bloc transversal est au minimum, 6 ECTS. Moins de points faciles à aller chercher hors des matières scientifiques.
  • La capacité d'accueil est incertaine et pourrait baisser.

Maquette envisagée Ces éléments viennent d'un entretien du 7 septembre 2026 et décrivent un projet, pas une maquette votée. La version définitive sera déposée en novembre 2026 et pourra différer. Nous mettrons cette page à jour.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle maquette l'université de Bordeaux envisage-t-elle ?

Un bloc santé de 30 ECTS, un bloc disciplinaire de 24 ECTS et un bloc transversal de 6 ECTS, soit le maximum autorisé pour la santé et le minimum pour le transversal, dans les fourchettes du projet de texte national.

Y aura-t-il un oral d'admission à Bordeaux ?

Non. Le vice-président formation a indiqué que l'oral d'admission disparaîtrait. Le texte national encourage les oraux sans les imposer ni les cadrer, ce qui laisse chaque université libre de les supprimer.

Combien d'étudiants Bordeaux accueille-t-il aujourd'hui ?

Environ 1 400 étudiants en PASS et 400 en LAS. La capacité future reste en discussion et pourrait baisser faute de moyens.

Sources